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Communiqué du 17 novembre 2025

WWF, tapis rouge et silences coupables…

La présidente d'honneur du WWF est en visite en Nouvelle-Calédonie où elle est accueillie avec tapis rouge, discours élogieux et micros complaisants. Un tel engouement surprend lorsqu'on regarde de près la réalité locale : l'organisation largement encensée est dramatiquement silencieuse sur tous les sujets « qui comptent » en Nouvelle-Calédonie.

Nous posons une question simple : que protège-t-elle vraiment ? La Nature ou ses intérêts ? Parce qu'à vouloir plaire à tout le monde, on finit surtout par ne déranger personne.

Avec plus de 1,2 milliard de dollars de budget annuel (tous bureaux confondus), soit 124 milliards CFP, le budget du réseau WWF dépasse de loin celui du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), qui gère à peine 450 millions USD par an : le WWF mondial est trois fois plus riche que l'agence de l'ONU chargée de l'environnement ! Le manque de transparence de l'ONG est régulièrement dénoncé : flou sur les critères de sélection des partenaires privés, flou sur l'origine précise des fonds, absence de publication systématique des conventions financières, cas de conflits d'intérêt potentiels vis-à-vis de certains secteurs polluants.

En Nouvelle-Calédonie, le panda est mutique. Il n'a jamais rien à dire sur les sujets brûlants de notre territoire :

  • campagnes d'abattages de requins du maire de Nouméa ? Aux abris !
  • régressions réglementaires du droit environnemental ? Pas un mot…
  • dossiers de santé environnementale ? Silence, on plante.
  • tourisme dans les îles éloignées (Le Ponant aux Chesterfield !) ? Silence, on dort…
  • centrale accostée à fuel SLN ? On regarde ailleurs.
  • incinérateur de déchets dangereux PROMED ? Toujours rien à dire…
  • mercure dans les poissons pélagiques ? Encore rien !
  • gouvernance environnementale antidémocratique ? Pas de soutien…

Une ONG doit être un contre-pouvoir, pas un sous-traitant des pouvoirs publics. On l'attend là où les enfants toussent, là où la biodiversité crie, là où les conflits d'intérêts grondent. Mais chez nous, le panda est sous cloche…

Nous appelons à une clarification urgente des engagements réels du WWF en Nouvelle-Calédonie, et plus largement à un débat sur le rôle des grandes ONG dans la résolution de la crise écologique : militantes ou gestionnaires ? Rebelles ou partenaires ? Indépendantes ou intégrées ? La Nature peut-elle les attendre ?

Pour EPLP, Martine Cornaille

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