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Communiqué du 10 juin 2018

Tourisme « pour mol luxes » : courrier au comité de gestion du PNMC

Les 14 mars et 12 avril 2018, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a organisé deux ateliers visant à échanger sur le niveau de protection souhaitable des Chesterfield-Bellona et sur la réglementation du tourisme de croisière dans le Parc Naturel de la Mer de Corail (PNMC). Les échanges ont été rudes.

Du conflit d'intérêt. EPLP dénonce que nombre de membres du comité de gestion du parc sont en conflit d'intérêt, puisqu'ils participent à des décisions concernant leurs activités économiques. EPLP leur dénie le droit de peser sur la destinée des biens communs en défendant une exploitation à leur profit. EPLP s'interroge aussi sur la légitimité des grandes ONG (WWF, PEW, CI…) à peser sur ces décisions : contrairement à EPLP, elles n'ont pas de membres, ne représentent pas la société civile calédonienne, ne publient pas leurs comptes et disposent de fonds quasi illimités. Protéger la mer, ce n'est pas d'abord produire de belles images, c'est lutter contre les pesticides, les mineurs et les pollueurs.

De la science. Ces actes réglementaires ont été préparés alors même que le conseil scientifique du Parc n'est pas installé après plus de 4 ans d'existence. La zone du V des Chesterfield, présentée comme « à fort potentiel touristique », est en réalité une zone fragile, refuge de baleines à bosse, de dauphins, de serpents marins, de grands requins du large et zone de nourrissage d'oiseaux marins. Les îlots hébergent des colonies d'oiseaux d'intérêt patrimonial à l'échelle du Pacifique.

De la légèreté. Ces arrêtés sont élaborés sans étude d'impacts (sociaux, économiques, environnementaux). Une population de quelques centaines de touristes qui mangent, défèquent et s'adonnent aux activités nautiques sur place, même encadrée, laissera des traces. EPLP affirme que la croisière est une ineptie économique : seuls les chantiers navals et les opérateurs en tirent profit, les populations réceptrices ne percevant qu'une aumône. La Nouvelle-Calédonie n'est pas dépourvue de sites déjà ouverts aux croisiéristes (îles Loyauté, île des Pins…).

De la responsabilité de l'État. À chaque visite ministérielle, EPLP demande à l'État, coprésident du comité de gestion, des moyens de surveillance supplémentaires et une prise de position claire contre l'exploitation des ressources géologiques et le tourisme de croisière dans les îles éloignées. En vain.

Nos exigences. EPLP demande au gouvernement de classer en réserve intégrale toutes les îles éloignées, récifs et lagons associés du parc, et de transmettre d'urgence à l'État une proposition d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ces zones ne représentent que 0,00046 % de terres émergées, 0,12 % de récifs et 0,95 % de lagons du parc : elles valent bien d'être mises sous cloche. À l'appui, nous transmettons les 4 200 signatures de notre pétition. Comme le disait Jean Mistler : « Le tourisme est l'industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des lieux qui seraient mieux sans eux. »

Pour EPLP, Martine Cornaille

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