Communiqué du 20 septembre 2026
Opération PROPANE chez ENERCAL : une fausse transition énergétique, une vraie facture salée pour les Calédoniens

En bref…
ENERCAL prévoit de convertir les centrales de Prony et de Doniambo au propane, en présentant ce choix comme celui de la « transition énergétique ». Pour EPLP, c'est au mieux un leurre, au pire un vrai mensonge. Le propane reste une énergie fossile importée, chère et indexée sur le pétrole et le dollar : la facture d'électricité des Calédoniens grimpera encore fatalement. En outre, ce choix ne réduit en rien notre dépendance énergétique : il la prolonge pour quelques décennies ! EPLP défend une autre voie, portée depuis 2008 : le solaire thermodynamique à concentration (CSP), avec stockage par sels fondus. Cette technologie fournit une électricité renouvelable, stable et disponible 24 h/24, sans batteries donc sans extractivisme minier ni problème de recyclage. Notre « Mémoire d'orientation énergétique » le démontre : plus de 300 milliards XPF d'économies sur 25 ans par rapport au propane, un surcoût remboursé en un peu plus de deux ans, et un gisement solaire confirmé favorable par Météo France NC. EPLP demande l'arrêt du projet propane et le lancement d'une étude pour une première centrale solaire à concentration calédonienne.
Et en détails…
L'association Ensemble Pour la Planète (EPLP) dénonce avec vigueur le projet de la société ENERCAL (détenue à 54 % par la Nouvelle-Calédonie) de convertir la centrale de Prony et la CAT Doniambo en remplaçant le charbon ou le fuel par le propane.
Sous couvert d'une « transition énergétique » de façade, cette décision constitue une erreur stratégique, environnementale et économique lourde, dont les consommateurs calédoniens feront, une fois de plus, les frais.
I. Une facture électrique garantie toujours à la hausse
Le prix de l'électricité en Nouvelle-Calédonie est déjà exorbitant. Ce projet ne fera que l'alourdir. EPLP alerte sur la réalité économique de ce changement de combustible :
- Un combustible de luxe : le propane est un produit raffiné, importé et indexé sur les cours mondiaux du pétrole. Il est structurellement beaucoup plus cher que le charbon ou le fuel. Remplacer une énergie fossile bon marché par une énergie fossile chère augmentera mécaniquement le coût de revient du kilowattheure.
- Des investissements à amortir : bien que moins coûteux qu'un terminal GNL, la conversion des chaudières et la création d'infrastructures de stockage sous pression représentent des investissements lourds, inévitablement répercutés sur la facture des ménages et des entreprises. Ni les uns ni les autres n'ont besoin de cela par les temps qui courent…
- Une dangereuse volatilité : en liant notre production d'électricité au cours du propane, aux fluctuations du dollar et aux soubresauts géopolitiques, ENERCAL expose les Calédoniens à l'extrême volatilité des marchés pétroliers mondiaux. C'est la garantie d'une instabilité chronique des tarifs.
II. Le maintien d'une dépendance fossile inacceptable
Sur le plan environnemental, l'argument de la transition est fallacieux. Si le propane émet moins de CO₂ au brûlage que le charbon, il n'en demeure pas moins une énergie fossile importée.
Ce choix perpétue notre dépendance vis-à-vis des importations d'hydrocarbures, contredisant l'objectif d'autonomie énergétique et de souveraineté. « Passer du charbon au propane, c'est comme passer de la cigarette au cigare sous prétexte de santé : c'est un écran de fumée qui nous maintient dans l'addiction fossile au lieu d'investir dans le sevrage salvateur », déclare EPLP.
III. Pourquoi le choix du solaire thermodynamique ?
EPLP refuse cette politique du pire et appelle le gouvernement et ENERCAL à un véritable courage politique. Plutôt que de gaspiller des fonds publics dans une infrastructure fossile transitoire, la Nouvelle-Calédonie doit miser sur son atout majeur : son ensoleillement.
On nous objectera : pourquoi pas le photovoltaïque couplé à des batteries ? Parce que les batteries reposent sur une chaîne minière lourde de conséquences environnementales et sociales et qu'en Nouvelle-Calédonie, nous connaissons trop bien le vrai prix de l'extractivisme. À cela s'ajoute l'épineuse question de la sécurité des fermes à batteries et de la gestion de leur fin de vie. Bref, remplacer une dépendance fossile par une dépendance extractive n'est pas résoudre le problème.
EPLP plaide depuis 2008 pour une autre voie : la filière solaire thermodynamique à concentration (CSP) avec stockage thermique.
Contrairement au photovoltaïque classique, une centrale CSP capte la chaleur du soleil et la stocke dans des sels fondus avant de la convertir en électricité via une turbine. C'est la seule technologie renouvelable capable de fournir une électricité pilotable et stable, 24 h/24, y compris la nuit ou par temps couvert.
C'est le choix de la véritable transition avec :
- une ressource locale, toujours gratuite et inépuisable : le soleil ;
- une indépendance énergétique totale pour la production visée ;
- des coûts d'exploitation faibles et stables une fois l'infrastructure construite ;
- zéro émission de gaz à effet de serre en fonctionnement ;
- aucune dépendance à une filière minière ni de problème de recyclage de batteries.
Le gisement solaire est au rendez-vous. Interrogée par EPLP, Météo France Nouvelle-Calédonie a confirmé que le gisement solaire de la côte Ouest (centre et nord) est favorable à cette technologie. L'atout majeur du territoire, son soleil, est bien là ; il ne manque que le courage politique de le valoriser.
IV. Une supériorité économique désormais chiffrée
EPLP ne se contente pas d'un plaidoyer de principe. Notre « Mémoire d'orientation énergétique » (adressé aux autorités locales et nationales, disponible sur notre site www.eplp.asso.nc) démontre, sur une comparaison à 25 ans pour une centrale de 100 MW, que le CSP est largement plus avantageux que le propane :
- Plus de 300 milliards de XPF d'économie nette pour la collectivité sur 25 ans par rapport au propane.
- Le surcoût d'investissement du CSP par rapport au propane est intégralement remboursé en un peu plus de deux ans, grâce à l'absence totale de combustible à acheter à l'extérieur. Passé ce cap, l'électricité produite ne coûte plus que ses stricts frais d'entretien.
- Une électricité immunisée contre l'inflation du cours des hydrocarbures et les soubresauts monétaires ou géopolitiques.
Là où le propane représente une fuite permanente de capitaux vers des producteurs pétroliers étrangers, le CSP transforme cette dépense perdue en un patrimoine industriel local et durable, créateur d'emplois qualifiés non délocalisables.
Nos demandes
- l'arrêt immédiat du projet de conversion au propane à Prony et à Doniambo ;
- l'affectation des ressources à une étude de faisabilité ambitieuse pour une première centrale solaire thermodynamique calédonienne ;
- l'inscription du projet CSP dans le Schéma du Pays pour la transition énergétique.
Pour EPLP, Martine Cornaille
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