Communiqué du 24 octobre 2026
Projet Lucy 2.0 de PRNC à Goro : des risques majeurs, environnementaux et de sécurité, insuffisamment encadrés. EPLP interpelle la Province Sud.

En bref
Saisie directement par EPLP en raison du manque de publicité élargie autour de l'enquête publique, la Province Sud est interpellée par l'association qui, malgré l'absence de soutien financier provincial, poursuit sa mission d'intérêt général en demandant la prise en compte de ses analyses. EPLP a relevé :
- Vide juridique sur la qualité des eaux : aucun seuil réglementaire contraignant pour les eaux souterraines et les sources. Les risques d'infiltration de sulfates vers l'aquifère et le bassin de la rivière Kwé restent non encadrés.
- Biodiversité aquatique menacée : les déversements chroniques et la déviation du Creek Sud mettent directement en danger le poisson Protogobius attiti, espèce endémique classée « en danger d'extinction » sur la liste rouge de l'UICN.
- Nuisances et envols de poussières : la hausse et l'extension du stockage de résidus asséchés (Phase 9) généreront plus de 2 500 tonnes de poussières totales (PM30) et 657 tonnes de PM10, sans qu'aucune modélisation de dispersion récente n'ait été produite depuis 2016.
Les exigences clés formulées par EPLP
- Seuils réglementaires opposables : édiction immédiate de normes contraignantes sur les sulfates et les métaux lourds dans les eaux, assorties d'une obligation d'arrêt des opérations en cas de dépassement.
- Protection de la faune patrimoniale : plan de conservation dédié à Protogobius attiti (suivis semestriels autonomes) et financement pérenne de l'Observatoire de l'Environnement (ŒIL) garanti par l'industriel.
- Protocole anti-poussières : réseau fixe d'aspersion automatique sur la verse en saison sèche et suivi en temps réel des particules (PM10 / PM2.5).
- Revalorisation des garanties financières : augmentation des montants d'assurance et de cautionnement pour couvrir les risques de dépollution et de gestion post-fermeture à très long terme.
1. Un vide juridique inacceptable sur la qualité des eaux souterraines
L'analyse du dossier révèle une faille juridique majeure : aucun seuil réglementaire contraignant de qualité des eaux n'est fixé pour le suivi des impacts du projet sur les eaux souterraines et les sources. L'industriel se contente de comparer ses rejets et infiltrations au fond hydro-géochimique naturel (centile 90), utilisé comme un simple indicateur sans portée contraignante. EPLP dénonce les risques d'infiltration continue de sulfates et de métaux lourds à travers l'aquitard latéritique vers l'aquifère principal et le bassin de la Kwé, et exige l'instauration d'urgence de seuils opposables, assortis d'un plan d'arrêt automatique des opérations en cas de dépassement.
2. Une menace directe sur la faune aquatique et le réseau hydrologique
Le projet prévoit la déviation physique du Creek Sud et expose le bassin versant de la rivière Kwé à des contaminations chroniques. Le site abrite une espèce patrimoniale strictement endémique et en danger d'extinction selon l'UICN : Protogobius attiti. EPLP demande un plan de conservation spécifique, des suivis écotoxicologiques semestriels autonomes et la sécurisation, par voie réglementaire, de la contribution financière de l'industriel à l'Observatoire de l'Environnement (ŒIL).
3. Risques atmosphériques : pour un protocole anti-poussières obligatoire
L'assèchement et le stockage massif de résidus sur la verse Lucy (notamment lors de la Phase 9 de réhausse finale, avec l'envol de plusieurs milliers de tonnes de poussières) génèrent des risques de propagation majeurs en saison sèche vers les zones habitées et les réserves botaniques limitrophes (Forêt Nord, Pic du Grand Kaori) : au total, sept réserves botaniques cernent l'usine du Sud. EPLP exige l'installation d'un réseau fixe d'aspersion automatique sur la verse et le déploiement de capteurs de mesure en temps réel (PM10 et PM2.5) aux limites d'exploitation.
4. Garanties financières et responsabilité à long terme
Compte tenu des incertitudes géotechniques et hydrogéologiques liées au confinement des résidus et à la stabilité des digues à très long terme, les garanties actuelles sont insuffisantes. EPLP exige une revalorisation substantielle des garanties financières exigées de l'exploitant pour couvrir la gestion post-fermeture et la réparation des dommages environnementaux éventuels. Les Calédoniens ne veulent pas avoir à payer pour cela, jamais !
5. Un calendrier qui pose question
Le projet a fait l'objet d'une « inauguration » officielle le 28 février 2026. L'enquête publique s'est, elle, déroulée a posteriori, du 3 au 17 août 2026. Surprenant, non ? Organisée sur deux semaines pour 3 372 pages de documents, soit environ 340 pages à « digérer » chaque jour en sus des obligations familiales et professionnelles, cette consultation a bien malmené les participants. Un projet de cette ampleur méritait à l'évidence un mois de consultation et plusieurs réunions publiques.
Pour EPLP, Martine Cornaille
Vous aimez cette communication ? Partagez-la avec votre entourage !
