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Communiqué du 19 avril 2026

Interview requins de Mme Lagarde, un festival d'approximations grossières et de vrais mensonges…

Interview requins de Mme Lagarde, un festival d'approximations grossières et de vrais mensonges…

Nous avons produit un « mot à mot » d'une interview radio du 17 avril 2026 du maire de Nouméa, dont nous avons extrait quelques passages savoureux relatifs à sa gestion du risque requins. Les voici accompagnés de quelques commentaires.

Lagarde : … ils pêcheront dans la zone des 300 m en allant du Rocher-à-la-Voile jusqu'à Sainte-Marie, dans cette zone qui pose particulièrement souci.

EPLP : Eh bien Madame, avez-vous investigué sur pourquoi « cette zone pose particulièrement souci » ? Évidemment non ! Signalons qu'EPLP vous a demandé des documents concernant les émissaires marins de l'Orphelinat à Sainte-Marie mais sans rien obtenir, alors même que ces éléments pourraient éclairer la situation… Nous avons saisi le juge administratif.

Lagarde : … parce que la dernière pêche, sur les 10 spécimens, ils avoisinaient pratiquement tous, 8 sur 10, plus de 4 m.

EPLP : cette présentation que nous qualifions de fallacieuse appelle plusieurs remarques. D'une part, les « opérations de prélèvement » s'accompagnent d'un tri réglementaire qui conduit précisément à cibler les individus de grande taille. D'autre part, les données officielles que vous nous avez communiquées indiquent qu'aucun spécimen ne dépassait 3,5 m à la fourche et que seuls quatre individus dépassaient (de très peu) 4 m à la caudale supérieure (4,02 à 4,18 m).

Lagarde : … on voit bien qu'il y en a beaucoup, de plus en plus… C'est un fait avéré. Ils sont de plus en plus proches des côtes.

EPLP : des requins de plus en plus nombreux ? de plus en plus gros ? de plus en plus proches des côtes ? des faits « avérés » ? Aucun élément scientifique ne permet de qualifier ces évolutions de « faits avérés ». Vos affirmations reposent essentiellement sur des perceptions individuelles, qui ne peuvent se substituer à des suivis scientifiques rigoureux.

Lagarde : … aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait pour essayer d'éviter ce genre d'accident ? C'est toute la question à laquelle nous tentons de répondre par des prélèvements.

EPLP : De nombreux exemples internationaux démontrent que pareilles gesticulations macabres ne servent à rien en matière de sécurité. Sans évaluation rigoureuse préalable et sans suivi scientifique documenté, ces abattages aveugles relèvent de réflexes vengeurs et pas d'une stratégie scientifiquement fondée.

Lagarde : … on régule les cerfs parce qu'ils sont très nombreux et font des ravages dans nos forêts sans que personne ne s'en offusque.

EPLP : alors là, on atteint les sommets de l'ineptie ! La comparaison n'a rien de pertinent : les cerfs appartiennent à une espèce introduite et envahissante ; les requins, en revanche, sont des espèces indigènes jouant un rôle structurant dans nos écosystèmes marins patrimoniaux, récifs et herbiers.

Lagarde : … il a été examiné par le tribunal, sauf qu'il n'a pas été pris en compte… EPLP a été déboutée.

EPLP : non, EPLP n'a pas été déboutée. La procédure n'a pas conduit à un rejet des arguments d'EPLP, mais à une décision rendue sans objet en raison de la fin des opérations contestées. Ce sont au contraire vos conclusions qui ont été rejetées et la province Sud a été condamnée aux dépens.

Conclusion : au total, 7 ans après le début de la « crise » requins, nous sommes affligés par tant d'obstination mise à parler et à agir sans aucune maîtrise du sujet, sans rigueur scientifique, et même sans souci de la vérité. Les enjeux liés aux interactions entre humains et requins appellent des réponses sérieuses, fondées sur des données fiables et des analyses rigoureuses.

Pour EPLP, Martine Cornaille

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