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Communiqué du 5 octobre 2026

Les enfants calédoniens, NOS enfants, imprégnés de pesticides et de bisphénol A !

Illustration sombre d'une mère, d'une adolescente et d'une petite fille au ruban rose, debout devant un champ pulvérisé par un tracteur, entourées de bidons de pesticides étiquetés « poison »

Une étude scientifique a mesuré l'exposition chimique des enfants de Nouvelle-Calédonie à partir de l'analyse de leurs cheveux. Ses résultats sont alarmants. Ils n'ont jamais été largement portés à la connaissance des Calédoniens. EPLP exige qu'ils le soient et entend y contribuer.

Ce que révèle l'étude constitue le premier scandale

Menée par le Luxembourg Institute of Health en collaboration avec le CHT Gaston-Bourret et l'Université de la Nouvelle-Calédonie, l'étude de 2023 a analysé les cheveux de 47 enfants et adolescents calédoniens, âgés de 1 à 15 ans, à la recherche de 153 polluants (pesticides, PCB, retardateurs de flamme bromés et bisphénols) :

  • 117 substances chimiques différentes ont été détectées, un peu plus qu'en France métropolitaine.
  • Chaque enfant était en moyenne contaminé par 58 substances, contre 50 en métropole.
  • Les concentrations les plus élevées concernent la perméthrine (un insecticide) et le bisphénol A (un perturbateur endocrinien).
  • Neuf polluants organiques persistants atteignent des niveaux supérieurs à ceux de la métropole.
  • Le profil d'exposition calédonien comporte des pesticides interdits dans l'Union européenne depuis de longues années…

Nul n'ignore que les enfants sont les plus vulnérables à ces substances, associées par la communauté scientifique à des risques accrus de troubles du neurodéveloppement et de pathologies graves, dont les cancers. Une autre étude (MetCapi-Child) montre que ces mêmes enfants sont également surexposés aux métaux lourds : la question d'un effet cumulatif pesticides / métaux lourds se pose donc lourdement.

Le deuxième scandale : le silence

Ces résultats ont été présentés dès 2023, il y a donc près de quatre ans. Ils dorment depuis dans un résumé de colloque, lequel est inaccessible au grand public. En Nouvelle-Calédonie, à peu près personne n'en a entendu parler : ni les parents, ni les enseignants, ni les soignants, ni la presse, ni le grand public. La question se pose pour les « autorités » : savent-elles ?

Pourtant, le CHT Gaston-Bourret et l'Université de la Nouvelle-Calédonie ont participé à cette étude. Ils en connaissent les conclusions alarmantes. Pourquoi ne les ont-ils pas largement rendues publiques ? Pourquoi aucune autorité sanitaire du territoire n'a-t-elle porté l'alerte ni cherché à déterminer l'origine de ces expositions ? Pourquoi, in fine, nos gouvernants n'ont-ils rien dit, rien fait ?

On ne protège pas les enfants en gardant le silence sur ce qu'ils respirent, boivent et mangent. Taire de tels résultats, c'est priver les familles de leur droit premier : savoir.

Le troisième scandale : « on » sait d'où viennent les poisons, et « on » laisse faire

Que l'on ne vienne pas nous dire que l'origine de ces imprégnations préoccupantes est un mystère. Notre analyse des plans de surveillance et de contrôle 2025 de la DAVAR (cf notre communiqué du 3 octobre 2026) l'établit sans détour : sur 152 échantillons végétaux, un sur trois révèle au moins un résidu de pesticide. On trouve aussi des dépassements de limites réglementaires (dites LMR), des substances tout bonnement interdites, des usages non autorisés et, excusez du peu, jusqu'à des cocktails de deux à dix-huit substances actives dans le même lot ! La totale !

La perméthrine et les pesticides retrouvés dans les cheveux de nos enfants ne tombent pas du ciel : ils sont dans les champs, dans l'eau, dans l'air, dans nos assiettes. Les deux études se répondent, le constat se referme comme un piège : ce que nous mettons dans l'environnement de nos enfants, nous le retrouvons dans leur corps.

Et pendant ce temps, le rose occupe toute la place

Et pourtant, chaque mois d'octobre, les mêmes institutions publiques et privées se gargarisent de leur implication dans « la lutte contre le cancer du sein ». Elles défilent en rose, s'émeuvent des conséquences MAIS se taisent frileusement sur les causes, celles-là mêmes que nous venons d'établir. Il est intolérable que l'on sache pleurer sur le cancer en octobre et que l'on ne sache rien dire, le reste de l'année, sur ce qui l'alimente dans les corps, notamment ceux de nos enfants.

Ce que nous dénoncions, la science le confirme donc

Depuis vingt ans, EPLP alerte, bien seule : pesticides, métaux lourds, air, eau et assiettes contaminés… On nous a systématiquement renvoyés à nos « déraisonnables inquiétudes militantes ». Trois communiqués en trois jours, et le même verdict tombe : ce ne sont plus des craintes, ce sont des faits mesurés, dans nos aliments, et jusque dans le corps de nos enfants. Il ne s'agit plus de nous croire ou non : il s'agit d'accepter de regarder les faits.

Ce qu'EPLP demande

  • La fin de l'omerta avec la publication intégrale de l'étude LIH-CHT-UNC et de ses données.
  • Une communication officielle des autorités sanitaires à destination des Calédoniens.
  • L'identification des sources d'expositions et un plan de réduction, à commencer par les résidus de pesticides dans l'alimentation.
  • La prise en compte, dans les politiques publiques, de l'effet cumulatif pesticides-métaux lourds mis en évidence par les deux études.
  • Un contrôle sanitaire des résidus enfin digne de ce nom, assorti de sanctions réellement dissuasives.
  • L'arrêt des manipulations d'Octobre Rose.

Pas question de nous satisfaire d'un piteux silence. La santé de nos enfants, celle de nos mères et de nos sœurs ne peut pas se traiter à coups de campagnes saisonnières, de pleutrerie et de laxisme.

Une nouvelle fois, nous appelons les uns et les autres à leurs responsabilités : voir, dire et faire. Vite !

Pour EPLP, Martine Cornaille

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