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Communiqué du 1 mars 2026

ENERCAL nous enfume !

ENERCAL annonce la conversion de la centrale de Prony : du charbon elle passerait au gaz. L'électricien ne donne aucun argument justifiant ce changement de braquet.

EPLP redit sa totale désapprobation devant cette décision. D'une part, la substitution d'un combustible fossile par un autre tout autant fossile entraînera des coûts qui seront, in fine, supportés par les Calédoniens, déjà asphyxiés par leurs factures d'électricité. De plus, une centrale GNL ne réduit pas notre vulnérabilité énergétique (dépendance inquiétante vis-à-vis de l'extérieur), ce qui est irresponsable en ces temps troublés.

ENERCAL fait sienne l'affirmation d'EDF, son actionnaire à hauteur de 16 % : « le gaz, c'est l'énergie de la transition ». Cette affirmation n'est vraie qu'à condition de réunir nombre d'hypothèses très favorables. Le débat ne porte pas uniquement sur les émissions à la cheminée, mais sur l'ensemble du cycle de vie : extraction, traitement, liquéfaction (GNL), transport maritime, regazéification, combustion. Et surtout : les fuites de méthane.

Le méthane est un gaz à effet de serre environ 80 fois plus puissant que le CO₂ sur 20 ans. À cet horizon, de faibles fuites suffisent à annuler l'avantage supposé du gaz. À partir d'un taux de fuite global de l'ordre de 2 à 3 %, le bilan carbone du GNL devient comparable, voire supérieur, à celui du charbon.

Une conversion charbon vers gaz implique un investissement lourd, des contrats d'approvisionnement à long terme et une durée d'amortissement de 20 à 30 ans : cela crée un verrouillage fossile incompatible avec l'objectif de réduction rapide des émissions d'ici 2030-2040. Remplacer un actif fossile par un autre actif fossile n'est pas une sortie du carbone, c'est une arnaque climatique.

On nous rétorquera « oui mais le gaz est pilotable ». Certes, mais le pilotage du système électrique peut être assuré par d'autres moyens : la gestion de la demande, le stockage (rappelons que la demande de STEP d'EPLP date de 2007 !), l'optimisation du réseau, l'effacement industriel.

Le débat ne porte pas sur la couleur de la flamme. Il porte sur le volume total de gaz à effet de serre émis dans la fenêtre critique des deux prochaines décennies. Présenter la conversion au gaz comme une solution climatique « évidente » relève de l'enfumage, pas de la science.

Pour EPLP, Martine Cornaille

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