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Communiqué du 3 octobre 2026

Plans DAVAR 2025 de contrôle des résidus de pesticides : les résultats bruts sont publiés et ils font peur…

Hangar agricole rempli de fûts de pesticides alignés, étiquetés « Danger Poison », évoquant l'ampleur des produits chimiques en agriculture

En très bref…

Le constat est alarmant : après 15 ans d'interpellation citoyenne d'EPLP, la DAVAR n'a pas avancé d'un pouce ! À la recherche de résidus de pesticides, son plan de contrôle et de surveillance 2025 (PSPC) « ne vaut encore pas tripette ». À quoi sert de dépenser tant d'argent en analyses alors que la représentativité statistique est nulle ? D'autre part, à défaut de sanction dissuasive, les dérives persistent jusqu'à retrouver des dépassements de limite réglementaire (LMR), des substances interdites ou des usages non autorisés.

Zut alors ! C'est avec NOTRE SANTÉ que l'« on » joue et ce, avec NOS SOUS !

Ni la DAVAR ni la Chambre d'agriculture ne produisant plus depuis longtemps de synthèse des PSPC sur végétaux, nous nous y sommes attelés. Voici nos commentaires pour les résultats de 2025.

1. Analyse critique de la démarche : une représentativité statistique nulle

Les rapports d'analyse fournis par le Laboratoire de Nouvelle-Calédonie (LNC) mettent en lumière une réalité affligeante : le volume des prélèvements reste dérisoire au regard des flux réels de marchandises et de la diversité des productions mises sur le marché calédonien.

Un échantillonnage famélique : sur l'ensemble des PSPC 2025, seuls 152 échantillons ont été analysés, dont 54 ont révélé au moins un résidu quantifié. Un sur trois, ce n'est pas rien !

Pour la production locale, les plans de contrôle se limitent à une poignée d'échantillons par type de culture (par exemple, seulement 4 échantillons de tomates, 3 de fraises, ou 2 de salades sur toute l'année !).

On se pince ! Au sang !

Des lacunes : il n'y a notamment aucune analyse sur les tubercules océaniens (ignames, patates douces ou taros). Espérons que ce ne soient pas des productions « à risque »…

Une illusion de sécurité : côté importations, malgré une présence récurrente de multi-résidus (notamment sur les raisins, poires, agrumes et fruits à noyau), le nombre total de lots passés au crible est statistiquement insignifiant pour prétendre protéger efficacement le consommateur calédonien.

Le verdict : dépenser de précieux deniers publics dans des analyses dispersées, sans stratégie de représentativité statistique, ne sert qu'à masquer (!) l'absence d'une véritable politique de police sanitaire à la DAVAR.

2. Tableaux de synthèse : résultats, LMR et écarts réglementaires

Les tableaux ci-dessous synthétisent les résidus présents (au-delà de la limite de quantification). Nous avons aussi comparé les teneurs mesurées aux normes du Codex Alimentarius (auxquelles se réfère officiellement la Nouvelle-Calédonie) et aux seuils parfois beaucoup plus stricts de l'Union européenne (Règlement CE n° 396/2005).

Tableau A, produits d'importation : résultats, LMR Codex et UE, non-conformités sur raisin et melon (chlorpyrifos, indoxacarb, imazalil, dimethomorph)
A. Produits d'importation : résultats, LMR et non-conformités (1/2)
Tableau A (suite), produits d'importation : orange, pamplemousse, mandarine, raisin rouge (thiabendazole, imazalil, cyprodinil)
A. Produits d'importation : résultats, LMR et non-conformités (2/2)
Fin du tableau A et tableau B, production locale : salade, tomate, fraise, résultats et non-conformités (indoxacarb, difénoconazole, azoxystrobine)
B. Production locale : résultats, LMR et non-conformités

Note : Imazalil et Thiabendazole, bien que conformes aux LMR Codex/UE sur les agrumes d'importation, ne figurent pas sur la liste des substances actives agréées en Nouvelle-Calédonie. L'Azoxystrobine est agréée en NC sur blé, maïs, oignon, orge, pois, raisin, tomate et pomme de terre, mais pas sur fraise.

3. Des cocktails de 2 à 18 substances !

Au-delà des dépassements de limites maximales de résidus (LMR), les rapports révèlent une multi-contamination préoccupante : des fruits et légumes concentrent simultanément un grand nombre de substances chimiques différentes au sein d'un même lot.

Voici les 5 cas les plus « lourds » relevés dans les plans de contrôle :

  • Le record absolu (raisin d'importation, lot S/IMP-25021) : un seul et même lot de raisin affiche 18 substances actives différentes détectées, illustrant de manière flagrante un cumul préoccupant de traitements chimiques.
  • Le raisin noir d'importation (lot S/IMPORT 25 049) : ce lot concentre 11 substances actives différentes.
  • Le raisin rouge d'importation (lot S/IMPORT 25 048) : ce lot atteint 9 substances différentes.
  • Le melon d'importation (lot S/IMPORT 25 007) : ce lot concentre 7 substances actives, dont l'Imazalil à 1,2 mg/kg.
  • Le raisin d'importation (lot S/IMPORT 25 040) : ce lot présente 7 substances chimiques cumulées.

Note : la liste exhaustive des lots multi-résiduaires (allant de 2 à 18 substances par échantillon) est consultable sur le site d'EPLP à www.eplp.asso.nc. Les données sources sont consultables sur le site de la DAVAR.

Conclusion d'EPLP : l'immobilisme coupable de la DAVAR

La mathématique oubliée : avec seulement 152 échantillons analysés dont 54 avec résidus détectés, la DAVAR nous a encore « offert » en 2025 un suivi brouillon inefficace, incapable d'assurer la transparence sanitaire et de protéger la santé des Calédoniens.

Des doubles standards inacceptables : les consommateurs calédoniens, parmi lesquels des personnes fragiles (enfants, malades, séniors), continuent d'absorber des produits d'importation saturés en fongicides post-récolte (comme l'Imazalil et le Thiabendazole). Retenons le cas flagrant du melon importé qui explose les compteurs de sécurité européens d'un facteur 24 (1,2 mg/kg mesuré pour une LMR UE à 0,05 mg/kg). Et ce n'est pas fini : l'UE projette d'abaisser cette LMR à 0,01 mg/kg dès septembre 2027, ce qui porterait le dépassement à un facteur 120.

L'illégalité sur nos propres terres : la détection de substances formellement non agréées sur la production locale (à l'instar de l'Indoxacarbe retrouvé sur des salades) démontre que les interdictions réglementaires (Arrêté 2024-977/GNC) sont contournées et, on le craint, inefficacement sanctionnées.

Des cocktails de multi-résidus chimiques dans nos assiettes transforment nos corps en fioles explosives !

Il est temps de stopper cette mascarade administrative et de mettre en œuvre des contrôles rigoureux et des sanctions réellement dissuasives. Ajoutons que nous attendons depuis 1996 la mise à jour de la délibération n° 113/CP fixant les normes LMR (limites maximales de résidus) locales. 30 ans après, nul doute que cela s'impose…

À noter qu'à défaut d'être entendue par les pouvoirs publics, EPLP porte à ce jour plusieurs recours visant à l'annulation d'agrément de 5 substances actives de pesticides à usage agricole (PPUA), ainsi qu'un recours visant à obtenir la révision de TOUTES LES AUTORISATIONS DÉLIVRÉES depuis l'origine, et un autre visant à la révision du cahier des charges « Agriculture responsable » en ce qu'il est trompeur en matière de PPUA, d'OGM et de méthode de culture (hydroponie).

Pour EPLP, Martine Cornaille

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